PARIS, 13 mai (Reuters) - La hausse des prix des matières premières et des politiques monétaires permissives constituent un "mix explosif" dans un environnement mondial devenu très inflationniste, a déclaré mardi Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.
Les banques centrales ont bien réagi depuis 10 mois à la crise financière mais la conjonction de pressions inflationnistes et d'une instabilité financière résiduelle restera "très difficile pour les autorités financières et monétaires", a-t-il dit lors d'une conférence organisée à Paris par Barclays Capital sur le thème de la pPolitique monétaire et taux de change.
Autre invitée de la conférence, Sandra Pianalto, présidente de la Banque de Réserve fédérale de Cleveland, a estimé que l'inflation constituait un "risque majeur" aux Etats-Unis.
"Les instruments de mesure de l'inflation de base aux Etats-Unis augmentent plus rapidement que je ne le souhaiterais, et l'inflation constitue un risque majeur pour mes prévisions", a-t-elle déclaré.
Pour Christian Noyer, la montée des pressions inflationnistes dans le monde est un "développement inquiétant".
"Pourtant, dans beaucoup de pays, les politiques monétaires restent quelque peu permissives", a-t-il poursuivi en expliquant ce paradoxe par les liens maintenus entre les devises de ces pays, le plus souvent émergents, et le dollar.
"En conséquence, beaucoup de pays émergents sont actuellement conduits à 'importer' la politique monétaire américaine alors que leur situation et leur position dans le cycle économique diffèrent fondamentalement", a-t-il observé.
"NOUS NE SOMMES PAS EN TERRAIN SUR"
Or cette situation pourrait s'avérer "très instable et dangereuse", selon le gouverneur de la BdF. "Il y a un mix explosif de hausse des prix des matières premières et de politiques monétaires permissives, qui risque d'enclencher une spirale" dont les pays pauvres seraient les premières victimes.
Revenant sur la crise financière déclenchée l'été dernier, Christian Noyer a estimé que la titrisation avait créé "de nouvelles incertitudes dans les canaux de transmission de la politique monétaire". Mais il a affirmé que les banques centrales avaient "bien répondu" aux défis nouveaux auxquels elles sont confrontées depuis dix mois, faisant allusion aux injections massives de liquidités réalisées par les principales d'entre elles.
"Nous ne sommes pas en terrain totalement sûr, loin de là", a-t-il poursuivi.
Interrogé sur les divergences de politique monétaire entre la Fed et la BCE, Christian Noyer les a expliquées par des "différences évidentes" et "objectives" entre la situation économique des Etats-Unis et de la zone euro.
Il a cité notamment l'évolution des prix de l'immobilier et plus largement de la conjoncture, avec un ralentissement économique plus prononcé aux Etats-Unis qu'en Europe. t La BCE maintient son taux directeur à 4% depuis juin 2007 alors que la Fed a réduit le sien de 325 points de base depuis le mois de septembre, à 2% actuellement, pour contrer les menaces de récession.
Cela dit, la BCE et la Fed ont "exactement la même philosophie" en matière d'inflation, a relevé Christian Noyer.
"La BCE et la Fed cherchent à contenir l'inflation à un niveau bas sur le moyen et le long terme", a-t-il dit en répondant aux questions de son auditoire. VT/MJ
(Marc Joanny et Véronique Tison) ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 37. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : veronique.tison.reuters.com@reuters.net))
PARIS, 13 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont "exactement la même philosophie" en matière d'inflation, a déclaré mardi Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.
"La BCE et la Fed cherchent à contenir l'inflation à un niveau bas sur le moyen et le long terme", a-t-il dit lors d'une séance de questions-réponses après avoir pris la parole à une conférence de Barclays Capital sur le thème de la politique monétaire et des taux de change.
"On devrait ignorer la volatilité à court terme" des prix, a-t-il estimé.
Les différences dans la politique monétaire entre les deux institutions reflétaient des "différences évidentes" dans la situation économique, a poursuivi Christian Noyer, qui s'exprimait aux côtés de Sandra Pianalto, présidente de la Fed de Cleveland.
Il a cité notamment l'évolution des prix de l'immobilier et plus largement de la conjoncture, avec un ralentissement économique plus prononcé aux Etats-Unis qu'en Europe.
La BCE maintient son taux directeur à 4% depuis juin 2007 alors que la Fed a multiplié les baisses de taux depuis le mois de septembre pour contrer les menaces de récession. /MJ/VT ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 37. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : veronique.tison.reuters.com@reuters.net))
PARIS, 13 mai (Reuters) - L'environnement mondial est devenu très inflationniste alors que la hausse des prix des matières premières et des politiques monétaires permissives constituent un "mix explosif", a déclaré mardi Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.
"Des pressions inflationnistes sont à l'oeuvre dans une grande partie du monde", a-t-il dit lors d'une conférence organisée à Paris par Barclays Capital sur le thème : "Politique monétaire et taux de change : l'euro et le dollar".
"C'est un développement inquiétant", a-t-il ajouté.
"Pourtant, dans beaucoup de pays, les politiques monétaires restent quelque peu permissives", a poursuivi Christian Noyer en expliquant ce paradoxe par les liens maintenus entre les devises de ces pays, le plus souvent émergents, et le dollar.
"En conséquence, beaucoup de pays émergents sont actuellement conduits à 'importer' la politique monétaire américaine alors que leur situation et leur position dans le cycle économique diffèrent fondamentalement".
Pour Christian Noyer, cette situation pourrait s'avérer "très instable et dangereuse". "Il y a un mix explosif de hausse des prix des matières premières et de politiques monétaires permissives, qui risque d'enclencher une spirale" dont les pays pauvres seraient les premières victimes, a-t-il souligné.
Revenant sur la crise financière déclenchée l'été dernier, le gouverneur de la BdF a estimé que la titrisation avait créé "de nouvelles incertitudes dans les canaux de transmission de la politique monétaire".
Mais il a affirmé que les banques centrales avaient "bien répondu" aux défis nouveaux auxquels elles sont confrontées depuis dix mois.
"Nous ne sommes pas en terrain totalement sûr, loin de là", a-t-il poursuivi. "La conjonction de pressions inflationnistes et d'instabilité financière résiduelle restera, dans les prochains temps, très difficile pour les autorités financières et monétaires". /MJ/VT
(Marc Joanny et Véronique Tison) ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 37. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : veronique.tison.reuters.com@reuters.net))
MADRID, 13 mai (Reuters) - L'inflation en Espagne a enregistré en avril son premier recul en rythme annuel depuis neuf mois, revenant à 4,2% contre 4,5% le mois précédent sur fond de ralentissement marqué de l'économie.
La hausse des prix espagnols avait atteint en mars son plus haut niveau depuis 13 ans et affichait le niveau le plus élevé des pays de la zone euro.
Le recul du taux d'inflation en avril est le premier enregistré depuis juillet 2007.
La majeure partie de cette décélération des prix s'explique par une baisse d'activité du secteur de l'hotellerie-restauration, liée au fait que Pâques a été célébré en mars cette année.
L'inflation espagnole devrait rester proche de ses niveaux actuels jusqu'à la fin de l'année, estiment nombre d'observateurs.
"Cela n'est pas aussi réconfortant que le chiffre en donne l'impression", souligne Luigi Speranza, de BNP Paribas. "La majeure partie de la baisse de l'inflation de base résulte d'un ralentissement de l'hôtellerie-restauration."
Les ventes au détail en Espagne ont baissé ou stagné au cours des six derniers mois et les économistes estiment que le ralentissement de la demande privée pèse sur l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l'énergie et des produits alimentaires frais.
La croissance espagnole devrait avoir fortement ralenti au premier trimestre pour tomber à 0,4%, ce qui serait son plus bas niveau depuis six ans.
"L'économie espagnole ralentit plus vite que l'allemande et pourtant la baisse (de l'inflation) entre mars et avril est inférieure, ce qui est mauvais signe", souligne Carlos Maravall, d'Analistas Financieros Internacionales. /MA
(Andrew Hay et Jason Webb, version française Marc Angrand)
((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
par Véronique Tison
PARIS, 13 mai (Reuters) - Les chiffres de la croissance publiés jeudi en France mais aussi en Allemagne et dans la zone euro viendront confirmer la bonne résistance de la croissance européenne au premier trimestre, mais les indicateurs avancés laissent prévoir un brutal coup de frein ensuite.
Trente-six économistes interrogés par Reuters tablent en moyenne sur une hausse trimestrielle de 0,4% du produit intérieur brut en France en janvier-mars, comme au trimestre précédent, une estimation qui est aussi celle de l'Insee et de la Banque de France. La statistique préliminaire sera publiée à 8h50 heure de Paris.
Auparavant, à 8h00, aura été publié le PIB allemand prévu en moyenne à +0,7%, après +0,3% au quatrième trimestre. A 11h00 suivra le chiffre de la zone euro, que les économistes attendent à +0,5% contre +0,4%.
La dégradation annoncée pour le deuxième trimestre, déjà perceptible dans les indicateurs de mars, empêchera de se féliciter de ces bons chiffres. Le gouvernement en a d'ailleurs pris acte implicitement en modérant ces derniers jours son discours sur la "résilience" de l'économie française et européenne, un leitmotiv au début de l'année que l'on n'entend plus dans les déclarations officielles.
"La croissance en France et en Allemagne semble avoir bien résisté au premier trimestre malgré ce qu'on pouvait pressentir, mais cela décale d'autant le creux du cycle car on n'est pas insensible au ralentissement mondial", explique Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis, qui prévoit une hausse de seulement 0,1% du PIB au deuxième trimestre après une croissance de 0,5% en janvier-mars.
"Le deuxième trimestre devrait marquer une sorte de contre-coup après le premier, et ça ne devrait pas être meilleur au troisième", avertit-il.
CASSURE EN MARS
Laurent Berrebi, chez Groupama Asset Management, estime que le chiffre du premier trimestre peut monter jusqu'à 0,6% ou 0,7%, en France comme dans la zone euro.
"La consommation a été meilleure qu'au quatrième trimestre, la production industrielle s'est bien comportée aussi, ce sera incomparable avec ce qu'on a eu aux Etats-Unis", dit-il. "Mais nos craintes c'est plus par rapport au deuxième trimestre - on pense que la croissance va être assez proche de zéro".
En net ralentissement en novembre, les indicateurs sur la consommation des ménages, la production industrielle et les exportations se sont ensuite redressés en décembre pour se maintenir à un bon niveau en janvier et février.
"La consommation a été plus forte que ce que pourraient suggérer les enquêtes auprès des ménages et le commerce extérieur, grâce aux exportations, devrait encore apporter une contribution positive, de l'ordre de 0,1 ou 0,2 point, pour le deuxième trimestre consécutif - ce qui est plutôt rare pour la croissance française", note Jean-Christophe Caffet.
"Du côté de l'offre, la production industrielle a été robuste et les services tiennent aussi le coup même si c'est assez disparate. La construction n'est pas folichone mais a une certaine inertie, quand on commence un bâtiment en règle générale on le finit - la contribution serait donc encore positive de ce côté-là aussi", ajoute-t-il. "In fine, quand on réconcilie les deux approches, côté valeur ajoutée et côté demande, ça devrait tourner autour de +0,5%".
Mais une cassure semble s'être produite en mars, mois pour lequel ont été annoncés une chute de 6% des exportations, une baisse de 1,7% des dépenses de ménages ou un recul de 0,8% de la production industrielle (et de 1,5% pour la production manufacturière, c'est-à-dire hors énergie et alimentation).
Or les nouveaux records du pétrole et de l'euro, l'inflation toujours élevée et le moral des ménages à son plus bas historique ne laissent pas espérer un rebond des exportations et de la consommation.
DILEMME POUR LA BCE
"Au deuxième trimestre, on a des effets d'acquis détestables sur le commerce extérieur et la consommation", constate Jean-Christophe Caffet en notant aussi la forte dégradation des enquêtes dans l'industrie et les services.
"Tous les indicateurs avancés corrigent assez sérieusement depuis mars, ce n'est pas bon pour le deuxième trimestre", renchérit Laurent Berribi (Groupama Asset Management) qui prévoit un "premier trimestre relativement fort, un deuxième trimestre très faible, et par la suite un rythme de croissance qui restera faible".
Le dilemme n'en sera que plus grand pour la Banque centrale européenne, qui maintient son taux directeur à 4% alors que la Réserve fédérale américaine a multiplié les baisses de taux depuis septembre pour contrer les menaces de récession.
"La BCE va-t-elle priviliégier les données du premier trimestre ou celles du deuxième ? En tant que banque centrale on a tout lieu de privilégier le futur, donc de ce côté là on pense que les mauvais chiffres qui sont en train de tomber depuis mars vont relancer les anticipations de baisse des taux dans la zone euro", dit Laurent Berrebi.
Selon la dernière enquête Reuters réalisée fin avril, les économistes prévoient en moyenne deux assouplissements d'un quart de point au deuxième semestre 2008, qui ramèneraient le taux de refinancement à 3,5% d'ici la fin décembre. /VT ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 37. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : veronique.tison.reuters.com@reuters.net))
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