par Ross Finley
LONDRES, 22 mai (Reuters) - L'inflation préoccupe de plus en plus les sept nations les plus riches du monde et les économistes ont revu à la hausse leurs prévisions en la matière depuis le mois dernier, alors même que la croissance ralentit, selon une enquête de Reuters publiée jeudi.
Cette enquête mensuelle auprès d'environ 250 économistes, réalisée du 15 au 22 mai, montre des prévisions de croissance légèrement revues à la hausse, notamment après des rythmes d'expansion meilleurs que prévu au premier trimestre. Mais parallèlement les prévisions d'inflation ont presque toutes été relevées aussi.
L'économie américaine est toujours sous la menace d'une récession et les prévisionnistes ne tablent pas sur un net rebond, même s'ils sont plus optimistes que la Réserve fédérale, qui a fortement réduit mercredi ses prévisions de croissance. [ID:nL21356112]
"Une récession petite historiquement semble déjà être en cours", estime Scott Anderson, chez Wells Fargo. "Alors que la probabilité d'une récession forte a diminué récemment avec le tassement de la crise mondiale du crédit, il n'y aura pas de rebond marqué", prévoit-t-il.
Les économistes tablent désormais sur un maintien des taux d'intérêt américains à 2,0% une bonne partie de cette année, ce qui va dans le sens de récentes déclarations du vice-président de la Fed Donald Kohn. Cela traduit un changement important par rapport à l'enquête du mois dernier, qui tablait sur une nouvelle baisse de taux, après celles d'un total de 3,25 points de pourcentage menées depuis septembre. [ECILT/US]
La crise mondiale du crédit a peut-être faibli en intensité mais le marché immobilier américain reste en recul et la correction de ce secteur a juste commencé en Grande-Bretagne. Dans le même temps, les cours pétroliers enchaînent les records et les prix des produits alimentaires flambent.
En Europe, la croissance devrait ralentir après un premier trimestre particulièrement solide en Allemagne et en France mais la hausse de l'énergie et de l'alimentation va exercer une pression persistante et dangereuse sur les prix, avec une inflation attendue en moyenne à 3,1% cette année.
La prévision d'inflation pour 2008 au Royaume-Uni est revue en nette hausse, à 3,0% en moyenne, bien au-dessus de l'objectif de 2,0% défini par la Banque d'Angleterre. Cela a ruiné les anticipations du marché d'une baisse des taux d'intérêt de la part de la BoE.
Les experts consultés ont cependant, dans leur ensemble, été très lents à prendre en compte le changement de paysage en matière de taux, tout du moins en Europe. Ils tablent encore sur une baisse de taux cette année par la Banque centrale européenne (BCE) et la BoE même si les responsables de ces institutions n'ont donné aucun indice d'un prochain abaissement du loyer de l'argent [ECILT/EU] [ECILT/GB].[nL22437855]
LE DANGER DU PETROLE ET DE L'ALIMENTATION
Avec des cours pétroliers à plus de 135 dollars le baril, le scénario du début d'année d'une poussée temporaire d'inflation soutenue par les matières premières a rapidement évolué.
Les anticipations d'inflation aux Etats-Unis ont encore été relevées, à 3,7% pour cette année, contre 3,5% lors de la précédente enquête, même si l'inflation hors énergie et alimentation devrait ralentir légèrement, à 2,3%.
La Fed craint à présent que l'inflation reste élevée avec le renchérissement du pétrole et de l'alimentation. Alors que la flambée des cours des denrées alimentaires a déclenché des émeutes dans certains pays en développement, le monde développé donne aussi des signes de tension.
American Airlines <AMR.N> a annoncé mercredi son intention de supprimer des emplois, de mettre au rebut ses avions les plus anciens et de faire payer l'enregistrement des bagages à la plupart de ses passagers afin de contrer l'impact de l'envolée des prix du kérosène et du ralentissement économique aux Etats-Unis.
L'anticipation moyenne d'inflation à un an du consommateur américain a atteint en mai son niveau le plus haut depuis 1982, selon la dernière enquête mensuelle Reuters-Université du Michigan, publiée vendredi dernier. /SD
(avec Nigel Davies, Jonathan Cable à Londres, Yoko Nishikawa à Tokyo, Burton Frierson à New York)
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LONDRES, 14 mai (Reuters) - L'inflation en Grande-Bretagne pourrait atteindre 3,7% au troisième trimestre et rester très au-dessus du plafond de 2% pendant toute l'année 2009 si les taux d'intérêt britanniques diminuaient d'un demi-point de pourcentage, selon le rapport trimestriel de la Banque d'Angleterre publié mercredi.
Le rapport montre que l'inflation serait encore autour de 2,25% dans deux ans au cas où les taux seraient ramenés de 5% à 4,5%.
Au cas où les taux d'intérêt resteraient inchangés, les projections de la BoE montrent une inflation juste en dessous du plafond de 2%.
Le rapport trimestriel sur l'inflation refroidit ainsi les anticipations d'une prochaine baisse des taux d'intérêt britannique. De nombreux analystes avaient tablé sur un abaissement des taux en juin, avant de réviser leur opinion au vu des chiffres de l'inflation en avril publiés mardi.
La hausse des prix de détail en Grande-Bretagne a atteint 3% le mois dernier en rythme annuel, son niveau le plus élevé depuis près de six ans, en raison de la flambée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie.
Lors d'une conférence de presse, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King a insisté sur la nécessité de s'attacher aux perspectives à moyen terme concernant l'inflation et sur la persistance des risques haussiers en la matière.
La tâche devrait être ardue pour la BoE, son rapport montrant aussi la perspective d'une nette décélération de la croissance, l'économie britannique continuant de subir les retombées de la crise mondiale du crédit.
Selon ces projections, la croissance du PIB britannique devrait ralentir jusqu'aux alentours de 1% à la fin de l'année 2008, avec une petite probabilité de contraction de l'activité.
Mervyn King, tout en estimant qu'une récession n'était pas à l'ordre du jour, n'a pas exclu un ou deux trimestres de croissance négative.
La livre sterling est tombée à un plus bas de trois mois contre le dollar à la diffusion de ce rapport. /DR
(Sumeet Desai, David Clarke, version française Dominique Rodriguez)
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LONDRES, 7 mai (Reuters) - La production manufacturière de la Grande-Bretagne a subi en mars une baisse inattendue de 0,5%, la plus forte depuis six mois, après plusieurs mois de forte croissance, montrent les statistiques officielles publiées mercredi.
La production industrielle globale a elle aussi reculé de 0,5% par rapport à février, accusant son recul le plus marqué depuis février 2007.
Ces chiffres représentent une diminution de 0,02 point de la croissance du produit intérieur brut (PIB) sur le premier trimestre.
Les économistes et analystes anticipaient une stabilité de la production manufacturière et une baisse de 0,1% de la production industrielle.
En rythme annuel, la production manufacturière voit sa progression ramenée à 0,6% en mars et celle de la production industrielle est ramenée à 0,2%.
Ces statistiques confirment la tendance au ralentissement de l'économie britannique à la veille de la réunion de politique monétaire de la Banque d'Angleterre qui a déjà réduit ses taux à trois reprises depuis décembre.
Le marché s'attend à ce que la Banque d'Angleterre laisse ses taux inchangés jeudi mais à ce qu'elle assouplisse de nouveau sa politique le mois prochain.
Certains intervenants n'excluent toutefois pas une baisse de taux surprise dès cette semaine après plusieurs indicateurs décevants, notamment l'indice d'activité des services publié mardi. /MA
Tableau de la statistique [ID:nONS003505]
Les indicateurs britanniques en temps réel <ECONGB>
Consensus des indicateurs britanniques [ECI/GB]
Tous les indicateurs du G7 <G7TODAY>
(Desk Economie Londres, version française Marc Angrand) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
LONDRES, 1er mai (Reuters) - Les pertes et les retombées économiques résultants de la crise du crédit pourraient se révéler nettement moins graves que certains ne le craignaient et les dépréciations d'actifs liées au subprime pourraient en définitive ne coûter que la moitié de ce que prévoit le marché, estime la Banque d'Angleterre.
Le coût de la crise financière causée par l'effondrement du marché des crédits subprime pourrait atteindre entre 350 et 420 milliards de dollars dans le monde entier, selon des estimations avancées à la mi-avril par des responsables de l'OCDE.
Dans son rapport semestriel sur la stabilité des marchés financiers publié en avril, le Fonds monétaire international (FMI) estimait quant à lui que le coût de la crise actuelle pourrait approcher 1.000 milliards de dollars.
"Toutes (ces évaluations) surestiment de manière significative les pertes potentielles associées à la crise des marchés financiers", écrit la BoE dans son rapport semestriel sur la stabilité financière, publié jeudi.
La BoE estimant pour sa part que les pertes devraient être finalement plus proches de 170 milliards de dollars.
La banque centrale britannique estime que le manque de liquidité observé sur les marchés des valeures mobilières pourrait déformer la réalité et exagérer l'ampleur des pertes potentielles des banques et ses retombées sur l'économie réelle.
La Banque d'Angleterre a cependant présenté la semaine dernière un vaste plan de soutien au secteur bancaire, dans lequel elle prévoit ainsi d'injecter 50 milliards de livres (63 milliards d'euros) afin de permettre aux établissements de retrouver un peu de souplesse.
John Gieve, gouverneur adjoint plus particulièrement chargé des questions de stabilité financière au sein de la BoE, s'est néanmoins montré optimiste dans le communiqué accompagnant le rapport.
"L'inévitable correction après la forte expansion du crédit s'avère difficile et prolongée", écrit-il. Mais "si des risques pèsent toujours, le plus probable est que la confiance et le goût du risque reviendront progressivement dans les mois à venir", ajoute-t-il.
Les dirigeants de la BoE se disent prudents à l'idée de venir à la rescousse d'institutions qui ont provoqué leurs propres difficultés et qu'ils doivent prévenir la menace réelle que représente l'inflation.
"Les pertes enregistrées par les institutions financières érodent leurs fonds propres, ce qui pourrait réduire leur capacité à proposer des financements aux ménages et aux entreprises. Cela pourrait avoir un impact négatif sur les performances économiques", note la banque centrale. /NDE (Matt Falloon, version française Nicolas Delame) ((Service économique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: nicolas.delame.reuters.com@reuters.net))
FRANCFORT, 21 avril (Reuters) - Le ralentissement économique américain et la crise des marchés financiers internationaux va réduire de façon marquée la croissance en Europe et la faire passer sous le potentiel de croissance des économies développées d'Europe de l'Ouest pour un certain temps, a estimé lundi le Fonds monétaire international (FMI).
Dans un rapport sur l'Europe, l'organisation maintient ses principales prévisions et considérations en matières de politiques économiques faites dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, notamment le point selon lequel aux yeux du Fonds, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre peuvent baisser leurs taux d'intérêt afin de soutenir la croissance. Le FMI s'attend par ailleurs à ce que les pertes des banques européennes liées aux conséquences de la crise des prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis ("subprimes") atteignent un montant total de 123 milliards de dollars (77,4 milliards d'euros), dont $43 milliards correspondent à des pertes qui n'ont pas encore été rendues publiques.
Le Fonds évalue à $144 milliards les pertes des banques américaines liées à cette crise, dont $49 milliards sont encore à venir. /SD
(David Milliken et Brian Love, version française Stanislas Dembinski)
((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: stanislas.dembinski.reuters.com@reuters.net))
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