TOKYO, 20 mai (Reuters) - La Banque du Japon a comme prévu maintenu mardi son taux directeur à 0,5% à l'issue d'un vote unanime des membres de son comité de politique monétaire.
La Banque du Japon observe le statu quo monétaire depuis qu'elle a relevé son objectif de taux au jour le jour d'un quart de point en février 2007.
Les incertitudes qui planent sur l'économie globale et la hausse des prix de l'énergie et des matières premières ajoutent aux inquiétudes qui entourent la croissance de la deuxième économie mondiale alors que la marge de manoeuvre de la Banque centrale nippone est réduite.
Le maintien du statu quo sur les taux n'était pas une surprise.
"La décision intervient alors que la BoJ ne subit aucune pression pour augmenter ou baisser ses taux d'intérêt", commente Susumu Kato, économiste en chef chez Calyon Capital Markets à Tokyo.
"Mais la BoJ va sans doute augmenter ses taux de 25 points de base en novembre ou en décembre pour les ajuster à un niveau plus normal, une fois qu'elle aura confirmé la reprise de l'économie dans son rapport économique semestriel (en octobre)", poursuit-il.
Lors de sa dernière réunion, il y a trois semaines, la BoJ avait abandonné le biais haussier qu'elle avait adopté depuis plusieurs mois et son gouverneur avait prévenu que les risques pesant sur l'économie nippone domineraient sans doute jusqu'en 2009.
De nombreux acteurs du marché s'attendent à ce que la Banque centrale maintienne ses taux pour plusieurs mois avant de les augmenter à nouveau, peut-être vers la fin de l'année ou en début d'année prochaine, étant donné que le pire de la crise financière est passé et que la Réserve fédérale américaine pourrait augmenter ses propres taux.
"Nous en sommes à une étape où il faut porter la plus grande attention aux risques de retournement de l'économie", avait prévenu Masaaki Shirakawa la semaine dernière.
Mais il a également relancé son antienne sur un "ajustement" progressif des taux d'intérêt japonais pour les porter à des niveaux plus proches de ceux des autres grandes économies mondiales. Cette notion avait été passée sous silence dans son rapport publié le 30 avril.
La Banque centrale a redit mardi que l'économie nippone ralentissait, mais elle s'est révélée plus optimiste sur le logement qui avait connu un coup d'arrêt après l'éclatement d'un scandale qui avait conduit à un renforcement de la législation sur les constructions.
Jusqu'à présent, la croissance japonaise a cru à un niveau plus élevé que ne l'attendaient les économistes. Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a avancé de 0,8%, selon des chiffres publiés vendredi dernier, grâce à des exportations vigoureuses qui ont jusqu'à présent compensé le ralentissement économique américain.
Les entreprises s'attendent toutefois à ce que celui-ci ait un impact sur l'archipel tout comme les coûts élevés de l'énergie, et ont en conséquence réduit leurs investissements [nL16666610].
"L'économie mondiale vit des heures difficiles", a souligné le ministre japonais des Finances Fukushiro Nukaga lors d'un symposium à Tokyo.
"Certains disent que le gros de la crise financière est passé. Mais avec le pétrole en hausse et les prix de l'alimentation, mener une politique financière et macroéconomique devient de plus en plus difficile", a-t-il poursuivi.
La chute des commandes de machines du secteur privé japonais baromètre de l'investissement des entreprises, observée en mars rend difficile pour la BoJ toute décision de hausse des taux dans un futur proche. [nL15340766]
Ceci dit, la plupart des économistes estiment qu'une baisse des taux est improbable puisqu'ils sont déjà à un niveau très faible.
Il y a actuellement deux postes à pourvoir au sein du comité de politique monétaire de la BoJ, qui compte normalement neuf membres, notamment un poste de gouverneur adjoint. /DR/NDE
(version française Dominique Rodriguez)
((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: dominique.rodriguez.reuters.com@reuters.net))
TOKYO, 20 mai (Reuters) - La Banque du Japon a comme prévu maintenu mardi son taux directeur à 0,5% à l'issue d'un vote unanime des membres de son comité de politique monétaire.
La Banque du Japon observe un statu quo monétaire depuis qu'elle a relevé son objectif de taux au jour le jour d'un quart de point en février 2007.
La banque centrale nippone publie à 6h00 GMT son rapport économique mensuel et son gouverneur Masaaki Shirakawa tiendra ensuite une conférence de presse.
Il y a actuellement deux postes à pourvoir au sein du comité de politique monétaire de la BoJ, qui compte normalement neuf membres, notamment un poste de gouverneur adjoint. /DR
(version française Dominique Rodriguez)
((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: dominique.rodriguez.reuters.com@reuters.net))
TOKYO, 25 avril (Reuters) - L'inflation sur douze mois au Japon a atteint au mois de mars un taux de 1,2% jamais atteint en dix ans mais qui ne devrait pas inciter la Banque du Japon à agir sur les taux, selon les statistiques officielles publiées vendredi.
C'est la flambée des prix des matières premières, à commencer par le pétrole et les aliments, et non la demande intérieure, qui explique cette hausse de l'indice des prix à la consommation.
"L'inflation est entretenue par les pressions des coûts des matières premières, et non par une forte demande, ce n'est donc pas une bonne tendance", a déclaré le ministre des Affaires économiques, Hiroko Ota, lors d'une conférence de presse.
Il faut remonter à mars 1998 pour retrouver une progression plus marquée de l'indice des prix à la consommation (+1,8%).
"Il est difficile d'imaginer que la Banque du Japon va modifier sa politique monétaire uniquement en raison d'une inflation entretenue par les coûts", estime Mamoru Yamazaki, chef économiste chez RBS Securities.
Les taux directeurs sont actuellement à 0,5%.
"La meilleure option actuellement pour la BOJ, c'est d'adopter une approche neutre", explique Seiji Adachi, économiste chez Deutsche Securities.
La croissance de l'économie japonaise n'appelle pas une baisse rapide des taux mais, à l'inverse, laisser entrevoir un relèvement des taux pour contrer l'inflation risquerait de nuire à la reprise économique, argumente-t-il. /HPA
(Yoko Nishikawa, version française Henri-Pierre André) ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 34. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : henri-pierre.andre.reuters.com@reuters.net))
par Hideyuki Sano
TOKYO, 17 avril (Reuters) - Les banques et les autorités financières américaines ont pris rapidement à bras-le-corps la crise du crédit, ce que n'avait pas fait le Japon lors de sa crise bancaire des années 1990.
Mais elles risquent de répéter la même erreur que leurs homologues nippones: couvrir des pertes dans une tentative vaine de calmer les investisseurs.
Tout comme la crise actuelle trouve sa source dans l'éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis, la crise bancaire nippone s'était déclenchée à la suite d'une implosion du marché immobilier, qui a empoisonné les créances adossées à des biens de ce marché.
Les créances douteuses ou irrécouvrables se sont accumulées dans les bilans des banques sans que les autorités les obligent à les passer par perte et profit. De sucroît, Tokyo a préférer laisser survivre les canards boîteux de crainte de déclencher une panique générale si un grand établissement venait à faire une banqueroute.
Du coup, les injections de capital cruciales, y compris les aides publiques, en ont été repoussées d'autant.
"La plus grande erreur du Japon a été de tenter de couvrir les pertes", commente Nobuo Ikeda, professeur d'économie de l'Université de Johu, qui avait suivi la crise en tant que journaliste au début des années 1990.
A l'inverse, les banques américaines ont rapidement reconstitué leurs fonds propres, souvent avec l'aide de fonds souverains asiatiques ou proche-orientaux. La Réserve fédérale a sabré les taux directeurs et supervisé le sauvetage de la banque d'investissement Bear Stearns <BSC.N>, tandis que du côté du gouvernement, on a élaboré un programme de relance économique.
"Je pense que la maîtrise de la crise par les autorités américaines a été excellente", dit Seiya Nakajima, chef économiste d'Itochu.
SURTOUT PAS D'INCERTITUDE
Mais les économistes japonais sont mal à l'aise face à ceux qui réclament un changement des règles comptables, qui aurait pour effet de restreindre les dépréciations de créances. Ils expliquent que les efforts déployés pour dissimuler l'étendue réelle des dégâts n'ont réussi qu'à produire une "décennie perdue" de stagnation économique, de déflation et de chute de valeur des actifs au Japon.
La crise actuelle se caractérise une fois de plus par la difficulté à valoriser des produits de crédit complexes, comme les obligations à collatéral (CDO), qui sont devenus illiquides.
L'Institute of International Finance a réclamé la semaine dernière une modification des règles comptables qui obligent les banques à valoriser leurs actifs, affirmant que cela risquait de provoquer une hécatombe.
Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke estimait lui-même la semaine dernière que la règle comptable de valorisation au prix de marché avait contribué à la déstabilisation des marchés pour ce qui concerne les actifs illiquides, mais il n'est pas allé jusqu'à préconiser une modification des normes.
Pour les économistes japonais, c'est la vérité, même la plus crue, qui prime sur l'incertitude latente et ils illustrent leur point de vue par l'expérience dite du paradoxe d'Ellsberg.
Dans celle-ci, deux vases sont remplis de billes rouges et nores. L'un compte 50 rouges et 50 noires, l'autre 100 billes aussi mais la répartition des couleurs est inconnue. Lorsqu'on demande à des personnes de choisir une bille rouge dans l'un ou l'autre vase, l'immense majorité choisit celui à 50/50 même si l'autre vase peut contenir beaucoup plus de billes rouges.
"On préfère la certitude d'une probabilité de réussite de 50% que de ne rien savoir du tout", résume Ikeda. "En d'autres termes, on réclame une énorme décote pour tenir compte de l'incertitude; donc il importe de réparer les pertes et de réduire l'incertitude".
GRIPPE AVIAIRE
Le Japon a attendu jusqu'en 1997 pour se résoudre à voir des établissements financiers disparaître et au cours des années qui ont suivi, l'Etat a consacré 120 milliards de dollars à reconstituer les fonds propres bancaires.
Ce n'est qu'en 2003 que, sous l'impulsion du Premier ministre réformiste Junichiro Koizumi, le mouvement de dépréciation des créances a subi un coup d'accélérateur qui a permis de mettre un terme à une décennie de malaise bancaire.
L'approche à petits pas des débuts n'a abouti qu'à une crise de confiance et à une dévalorisation des actifs immobiliers qu'il a fallu finalement résorber moyennant près de 1.000 milliards de dollars de dépréciations.
C'est à peu près le montant des pertes que le Fonds monétaire international (FMI) estime devoir découler de la crise du moment.
Bien conscient qu'il n'y a rien de pire que l'incertitude pour les marchés, le Groupe des Sept (G7) a recommandé de faire toute la lumière sur les risques et la valorisation des instruments complexes et illiquides. Il a aussi préconisé un renforcement des normes de comptabilisation de la "fair value" et a fixé pour ce faire un délai de 100 jours à compter du jour de sa dernière réunion, le 11 avril.
Mais les professionnels japonais font valoir qu'en matière de valorisation, les données sont sans doute plus compliquées que lorsqu'il s'agissait de valoriser les créances des banques japonaises. Simplement parce que le marché ne dispose d'aucune référence précise pour valoriser des produits de crédit à tiroirs et à la complexité byzantine, explique un haut fonctionnaire de la Financial Services Agency (FSA), autorité de tutelle du secteur financier japonais.
Pour l'heure, les banques japonaises n'ont guère été touchées par la crise du crédit car elles ont tiré profit de leurs tourments passés mais la FSA ne relâche pas sa vigilance.
"C'est comme une épidémie de grippe aviaire, une épidémie que ne peut enrayer le Tamiflu; elle se répand dans le monde entier à partir des Etats-Unis et personne ne sait vraiment comment traiter la chose", dit le haut fonctionnaire. /WYE
(Version française Wilfrid Exbrayat) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging : wilfrid.exbrayat.reuters.com@reuters.net))
TOKYO, 1er avril (Reuters) - Le moral des patrons des grandes entreprises japonaises est au plus bas depuis quatre ans, selon le dernier rapport trimestriel de la Banque du Japon (Tankan), nouveau signe de détérioration de la conjoncture dans l'archipel.
L'indice qui décrit le sentiment de ces dirigeants s'est établi à +11, contre +19 lors de l'enquête précédente. Les économistes s'attendaient à une baisse plus limitée, à +13.
Il s'agit du niveau le plus bas depuis celui de +7 enregistré en décembre 2003. Et l'ampleur de la chute - huit points - est la plus forte depuis trois ans.
Les dirigeants interrogés ont cité la crise du crédit, la hausse du coût des matières premières et l'appréciation du yen pour expliquer leur vague à l'âme.
Ils estiment en outre que la conjoncture va encore se détériorer. L'indice de leurs perspectives pour juin est à +7. Dans ce contexte, les projets d'investissement des grandes entreprises sont au plus bas depuis six ans et elles prévoient de les réduire de 1,6% pour l'exercice fiscal 2008-2009 qui commence ce mardi.
La Bourse de Tokyo n'a pas réagi spécifiquement à cette enquête. Elle était en rebond en fin de séance dans le sillage de Wall Street lundi. L'indice Nikkei <.N225> a perdu 18% au premier trimestre.
BAISSE DES PROJETS D'INVESTISSEMENT
Le yen a légèrement reculé à 99,780 yens pour un dollar <JPY=>. Les grands industriels nippons tablent sur un niveau moyen du dollar à 109,21 yens pour l'exercice 2008-2009, donc un dollar en net rebond par rapport à ces niveaux actuels.
"Je suis très préoccupée par la baisse des projets d'investissement, notamment chez les grands industriels", a réagi la ministre de l'Economie Hiroko Ota lors d'une conférence de presse.
"La clé des perspectives pour l'économie japonaise est de savoir quelles seront l'ampleur et la durée du ralentissement économique aux Etats-Unis", a-t-elle ajouté.
L'économie japonaise a enregistré une croissance étonnamment solide de 0,9% au dernier trimestre 2007 mais les économistes anticipent désormais un ralentissement en 2008 en cas de probable récession aux Etats-Unis, deuxième partenaire commercial de la Chine.
Ce n'est pas la résistance de la croissance qui fait monter les prix actuellement au Japon - l'inflation a atteint 1% en févreir, son plus haut niveau depuis dix ans - mais la hausse des prix alimentaires et de l'énergie.
Dans ce contexte, les taux directeurs de la Banque du Japon (BoJ) devraient être maintenus à leur bas niveau actuel - 0,5% - lors de la prochaine réunion de la banque les 8 et 9 avril.
Les investisseurs estiment à seulement 25% la probabilité d'une baisse des taux de la BoJ lors de sa réunion de juin et à 55% l'éventualité que le coût du crédit soit abaissé d'ici la fin de l'année <JPONIBOJ=TRDT>.
"Lorsque l'indice est en baisse durant deux trimestres consécutifs, dans 80% des cas, l'économie risque de sombrer dans la récession", estime Yoshikiyo Shimamine, économiste à l'institut Dai-ichi Life. /DRO
Tableau de la statistique [nT238429]
(Yoko Nishikawa, version française Danielle Rouquié)
((Service économique. Tél. 01 49 49 53 87. Reuters messaging : danielle.rouquie.reuters.com@reuters.net))