par Marc Jones
FRANCFORT, 22 mai (Reuters) - La nouvelle poussée des cours du pétrole rend peu probable une décélération franche de l'inflation dans la zone euro cette année, ce qui remet en cause les espoirs de baisse de taux avant Noël.
Le prix du baril de brut <LCOc1><CLc1> a franchi jeudi le cap des 135 dollars, dopé par la hausse de la demande, les inquiétudes sur l'offre, les tensions dans le monde et des achats spéculatifs.
Si la flambée des cours du pétrole fait le bonheur des pays producteurs, elle inquiète les banques centrales qui voient se développer un effet domino sur les biens de consommation.
Le renchérissement de l'énergie fait monter les prix alimentaires à cause de la hausse des coûts d'exploitation - pour le carburant des engins agricoles - et des transports. Pour la même raison, les industriels, compagnies aériennes et autres voyagistes voient leurs coûts augmenter et le répercutent sur leurs tarifs.
La Bundesbank a souligné la difficulté dans son rapport mensuel sorti cette semaine. En dépit des efforts pour faire baisser les prix alimentaires, l'inflation "devrait continuer d'augmenter sensiblement dans les prochains mois en raison des prix élevés du pétrole" et, en tout état de cause, ne décélèrerait pas "avant la fin de l'automne".
MARGE DE MANOEUVRE
Le taux d'inflation a atteint 3,6% en mars dans la zone euro, un record.
La BCE a retenu pour hypothèses un prix moyen du baril à 90,6 dollars en 2008 et à un peu plus de 89 en 2009, mais peu d'analystes s'attendent à voir les prix revenir rapidement sous les 100 dollars.
Or les coûts de l'énergie représentent environ 10% du calcul de l'inflation, si bien que chaque hausse d'un dollar du baril a un impact direct. "Nous estimons qu'une hausse de 10 dollars du baril ajoute 0,15%-0,16% au chiffre de l'inflation", dit ainsi Aurelio Maccario, analyste chez UniCredit.
"Si on a un prix moyen du pétrole à 130 ou 140 dollars (au deuxième semestre), l'inflation restera à 3% ou plus jusqu'à la fin de l'année. Et dans ce cas la BCE n'aura pas de marge de manoeuvre pour réduire ses taux d'intérêt".
La BCE maintient son taux directeur à 4% depuis juin 2007, alors que la Réserve fédérale américaine a réduit le sien à 2%. Les économistes interrogés par Reuters continuent de tabler sur une baisse de taux dans la zone euro avant la fin de l'année mais les futures sur taux d'intérêt n'intègrent plus ce scénario.
Richard Batty, chez Standard Life Investments, rappelle que les prévisions sont très contradictoires pour les cours du brut et souligne les risques d'un immobilisme de la banque centrale si l'activité venait à ralentir sérieusement.
"L'économie ralentit déjà et une inaction de la banque centrale pourrait intensifier ce ralentissement, ce qui entraînerait de graves risques pour l'activité", dit-il.
"Le fait est que les estimations varient considérablement. Les estimations sur le marché vont de 70-80 dollars à 200 dollars à un horizon de six mois, et jusqu'à 500 dollars d'ici quatre ans, alors vraiment on peut dire ce qu'on veut", note-t-il. /VT (version française Véronique Tison) ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 37. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : veronique.tison.reuters.com@reuters.net))
BRUXELLES, 22 mai (Reuters) - La hausse plus forte qu'attendu des prix pétroliers pourrait faire tomber la croissance économique de la zone euro cette année sous le chiffre de 1,7% prévu par la Commission européenne, mais il est encore trop tot pour modifier cette prévision, a déclaré jeudi une porte-parole de l'exécutif communautaire.
Les dernières prévisions de Bruxelles, publiées le 28 avril sont fondées sur l'hypothèse d'un cours moyen du pétrole de 101,20 dollars le baril. Or le brut a franchi depuis le seuil de 135 dollars.
"A l'évidence, si la prévision devait être démentie par le chiffre réel, que nous ne connaîtrons qu'à la fin de cette année, il est assez clair que la croissance sera plus faible", a dit Amelia Torres, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia.
(Paul Taylor, version française Marc Angrand) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
BRUXELLES, 22 mai (Reuters) - Les commandes à l'industrie ont été nettement inférieures aux attentes en mars, accusant un recul de 1% par rapport au mois précédent et de 2,5% sur un an, des chiffres qui pourraient préfigurer un ralentissement de l'activité des Quinze.
Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une baisse de 0,4% sur un mois et une progression de 4,7% sur un an.
"Les signes s'accumulent montrant que le secteur manufacturier de la zone euro connaît une situation de plus en plus difficile face à un euro très fort, des dépenses de consommation atones, un ralentissement de la croissance de grands marchés d'exportation, des prix du pétrole et des matières premières élevées et un durcissement des conditions de crédit", a commenté Howard Archer, économiste de Global Insight.
Une enquête menée en avril auprès des directeurs d'achats de la zone euro a montré que les nouvelles commandes étaient tombées à leur plus bas niveau depuis 32 mois et que les carnets de commandes en attente se contractaient, ajoute-t-il.
La baisse des commandes à l'industrie en mars est due principalement à la dégradation de la demande dans le textile, les équipements industriels et l'électronique. Seule une hausse des commandes d'avions, bateaux et trains, catégorie très volatile, a empêché une baisse plus marquée encore en rythme annuel.
Les nouvelles commandes constituent un indicateur avancé de la production manufacturière et donc de l'activité économique globale, elle-même prise en compte par la Banque centrale européenne (BCE) pour déterminer sa politique monétaire.
La BCE, qui s'est fixé pour objectif de contenir l'inflation des Quinze légèrement en dessous de 2%, exprime régulièrement sa préoccupation face au niveau élevé des prix, qui ont progressé de 3,6% en rythme annuel en mars, dopés par l'envolée des cours du pétrole et de la plupart des matières premières agricoles.
Une majorité d'économistes s'attend donc à ce que la banque centrale laisse son principal taux d'intérêt inchangé à 4,0% jusqu'à la fin de l'année.
Ce pronostic a été renforcé mercredi par l'annonce d'un rebond de l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne en mai, après les excellents chiffres de croissance publiés la semaine dernière pour la première économie de la région.
"Nous prévoyons à ce que la modération de la croissance de la zone euro, l'euro très fort et les conditions de crédit tendues conduisent éventuellement la BCE à à réduire ses taux d'intérêt de 25 points de base à 3,75", a dit Archer.
"Cependant, une réduction des taux d'intérêt est improbable avant septembre au plus tôt étant donné le niveau actuellement élevé de l'inflation et des risques inflationnistes, et elle pourrait bien être retardée encore au-delà." /MA
Tableau de la statistique [ID:nBFA000644]
Les indicateurs de la zone euro en temps réel <ECONEZ>
Consensus des indicateurs de la zone euro <EUROLANDMAY>
Tous les indicateurs du G7 <G7TODAY>
(Jan Strupczewski, version française Marc Angrand) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
BRUXELLES, 22 mai (Reuters) - Les commandes à l'industrie ont été nettement inférieures aux attentes en mars, accusant un recul de 1% par rapport au mois précédent et de 2,5% sur un an, des chiffres qui pourraient préfigurer un ralentissement de l'activité des Quinze.
Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une baisse de 0,4% sur un mois et une progression de 4,7% sur un an.
"Les signes s'accumulent montrant que le secteur manufacturier de la zone euro connaît une situation de plus en plus difficile face à un euro très fort, des dépenses de consommation atones, un ralentissement de la croissance de grands marchés d'exportation, des prix du pétrole et des matières premières élevées et un durcissement des conditions de crédit", a commenté Howard Archer, économiste de Global Insight.
Une enquête menée en avril auprès des directeurs d'achats de la zone euro a montré que les nouvelles commandes étaient tombées à leur plus bas niveau depuis 32 mois et que les carnets de commandes en attente se contractaient, ajoute-t-il.
La baisse des commandes à l'industrie en mars est due principalement à la dégradation de la demande dans le textile, les équipements industriels et l'électronique. Seule une hausse des commandes d'avions, bateaux et trains, catégorie très volatile, a empêché une baisse plus marquée encore en rythme annuel.
Les nouvelles commandes constituent un indicateur avancé de la production manufacturière et donc de l'activité économique globale, elle-même prise en compte par la Banque centrale européenne (BCE) pour déterminer sa politique monétaire.
La BCE, qui s'est fixé pour objectif de contenir l'inflation des Quinze légèrement en dessous de 2%, exprime régulièrement sa préoccupation face au niveau élevé des prix, qui ont progressé de 3,6% en rythme annuel en mars, dopés par l'envolée des cours du pétrole et de la plupart des matières premières agricoles.
Une majorité d'économistes s'attend donc à ce que la banque centrale laisse son principal taux d'intérêt inchangé à 4,0% jusqu'à la fin de l'année.
Ce pronostic a été renforcé mercredi par l'annonce d'un rebond de l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne en mai, après les excellents chiffres de croissance publiés la semaine dernière pour la première économie de la région.
"Nous prévoyons à ce que la modération de la croissance de la zone euro, l'euro très fort et les conditions de crédit tendues conduisent éventuellement la BCE à à réduire ses taux d'intérêt de 25 points de base à 3,75", a dit Archer.
"Cependant, une réduction des taux d'intérêt est improbable avant septembre au plus tôt étant donné le niveau actuellement élevé de l'inflation et des risques inflationnistes, et elle pourrait bien être retardée encore au-delà." /MA
Tableau de la statistique [ID:nBFA000644]
Les indicateurs de la zone euro en temps réel <ECONEZ>
Consensus des indicateurs de la zone euro <EUROLANDMAY>
Tous les indicateurs du G7 <G7TODAY>
(Jan Strupczewski, version française Marc Angrand) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
BRUXELLES, 22 mai (Reuters) - Les nouvelles commandes à l'industrie dans la zone euro ont baissé bien plus qu'attendu en mars et accusent désormais un recul par rapport à l'an dernier, signe annonciateur d'un ralentissement de l'activité économique au cours des prochains mois.
Les commandes industrielles dans les 15 pays ayant l'euro pour monnaie ont diminué de 1,0% par rapport à février et de 2,5% par rapport à mars 2007, montrent les statistiques publiées jeudi par Eurostat.
Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une baisse de 0,4% sur un mois et une progression de 4,7% sur un an.
La baisse de mars est due principalement à la dégradation de la demande dans le textile, les équipements industriels et l'électronique. Et seul une hausse des commandes d'avions, bateaux et trains, catégorie très volatile, a empêché une baisse plus marquée encore en rythme annuel. /MA
Tableau de la statistique [ID:nBFA000644]
Les indicateurs de la zone euro en temps réel <ECONEZ>
Consensus des indicateurs de la zone euro <EUROLANDMAY>
Tous les indicateurs du G7 <G7TODAY>
(Jan Strupczewski, version française Marc Angrand) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
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