WASHINGTON, 9 mai (Reuters) - Le déficit commercial américain s'est réduit plus qu'attendu en mars, à 58,21 milliards de dollars contre 61,71 milliards en février, les importations diminuant davantage que les exportations en dépit des prix records du pétrole, montrent les chiffres publiés vendredi par le département du Commerce.
Les 64 économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un déficit de 61,30 milliards de dollars après celui de 62,32 milliards annoncé initialement pour février. Leurs estimations s'échelonnaient entre 58,0 et 65,0 milliards.
Les importations américaines ont diminué de 6,1 milliards de dollars, la plus forte baisse enregistrée à ce jour, revenant à 206,7 milliards.
Signe de l'impact du ralentissement économique sur la demande intérieure, toutes les principales catégories d'importations sont en baisse, de l'automobile aux composants et équipements industriels en passant par les produits de grande consommation.
Parallèlement, les importations pétrolières sont revenues en mars à 8,99 millions de barils par jour, leur plus bas niveau en volume depuis février 2003, affichant un net repli par rapport à leur moyenne 2007 de 10,1 millions de bpj.
Les exportations ont elles aussi reculé mais restent proche de leur plus haut niveau historique, à 148,5 milliards de dollars. Ce recul a touché en premier lieu l'automobile, les matériaux et composants industriels et les produits de grande consommation.
Le déficit commercial avec la Chine, toujours très suivi, s'est réduit à 16,1 milliards de dollars en mars, son plus bas niveau depuis deux ans, grâce notament à un bond de 10% des exportations américaines vers la République populaire.
Les exportations vers l'Union européenne, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud ont elles inscrit de nouveaux records en mars.
Le dollar réduisait légèrement ses pertes après la publication de ces chiffres et se traitait autour de 1,5450 pour un euro <EUR=> à 12h39 GMT. /MA
Tableau de la statistique [ID:nCAT002056]
Les indicateurs américains en temps réel <ECONUS>
Tous les indicateurs du G7 <G7TODAY>
(Doug Palmer, version française Marc Angrand)
((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
La crise sur les marchés financiers, le ralentissement de l'économie
américaine et l'envolée des prix des matières premières vont peser davantage que
prévu sur la croissance de la zone euro cette année, selon la Commission
européenne qui ne prévoit qu'une hausse de 1,7% du PIB, contre 2,6% en 2007.
Mais la Banque centrale européenne reste du focalisée sur l'inflation - qui
reste élevée après un pic de 3,6% en mars - et ne paraît pas disposée à baisser
ses taux dans un avenir proche. Les économistes continuent néanmoins d'anticiper
deux assouplissements monétaires au deuxième semestre, estimant que le
ralentissement de la croissance fera fléchir l'institution de Francfort.
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BCE ET POLITIQUE MONETAIRE
* 8/5 La BCE unanime pour maintenir les taux, souligne Trichet [ID:nL08763549]
* 2/5 ENQUETE BCE - 2 baisses de taux toujours attendues en 2008[ID:nL02518430]
* 28/4 SYNTHESE La BCE prête à relever les taux si nécessaire [ID:nL22885020]
* 19/3 Pour la BCE, la tempête est plus puissante que prévu [ID:nL19761546]
* 19/2 ENQUETE Croissance mondiale ralentie, inflation élevée [ID:nL19898491]
* 27/2 INTERVIEW L'euro dans la zone de douleur pour l'Europe [ID:nL27708458]
* 14/4 ANALYSE Le G7 exprime son malaise face au dollar faible [ID:nL13133731]
* 5/4/TABLEAU Les pressions inflationnistes dans la zone euro [ID:nL05123640]
* 7/5 Le succès de l'euro l'oblige à prendre ses responsabilités[ID:nL07810514]
CROISSANCE ET FINANCES PUBLIQUES
* 2/5 Le FMI s'attend à des trimestres "assez difficiles" [ID:nL02347318]
* 28/4 Paris s'expose à un avertissement sur son déficit [ID:nL28751587]
* 28/4 La CE abaisse ses prévisions de croissance [ID:nWEB3137]
* 28/4 ENQUETE Zone euro - Croissance de 1,5% en 2008 [ID:nL23501250]
* 9/4 Croissance de +0,5% au T1, +0,4% au T2 /instituts [ID:nL09528863]
* 9/4 Le FMI baisse ses prévisions pour l'Europe et la France [ID:nL09914972]
* 9/4 Décélération de la croissance confirmée, +0,4% au T4 [ID:nWEB1140]
* 14/4 Lagarde - L'économie de l'UE plus forte que ce que dit le FMI [nWEB1501]
DERNIERS INDICATEURS MACRO-ECONOMIQUES
* 7/5 Les ventes au détail ont baissé de 0,4% en mars [ID:nL07786321]
* 30/4 L'inflation a décéléré plus que prévu en avril, à 3,3% [ID:nL30208611]
* 30/4 Taux de chômage toujours stable à 7,1% en mars [ID:nL30119601]
* 23/4 Hausse inattendue des commandes à l'industrie en février [ID:nL23686685]
* 24/4 Excédent courant en février après un déficit [ID:nL24214919]
* 25/4 La croissance de la masse monétaire a ralenti en mars [ID:nL25394114]
* 14/4 Production industrielle en hausse de 0,3% en février [ID:nL14654285]
* 1/4 Prix à la production +0,6% en février, +5,3% sur un an [ID:nL01794797]
* 17/4 Excédent commercial de 0,8 md d'euros en février [ID:nL17769138]
* 1/4 Taux de chômage stable à 7,1% en février [ID:nL01934436]
* 17/4 Le déficit public ramené à 0,6% du PIB en 2007 [ID:nL18477547]
INDICATEURS AVANCES ET DE CONFIANCE
* 6/5 Ralentissement en vue dans les services [ID:nL06910408]
* 2/5 L'indice PMI de l'industrie au plus bas depuis 2005 [ID:nL02709034]
TABLEAUX
* 28/4 Les prévisions de croissance révisées de la Commission [ID:nBRU006467]
* 28/4 Les prévisions d'inflation révisées de la Commission [ID:nBRU006468]
* PIB, déficit public et dette dans l'UE et zone euro en 2007 [ID:nL18746525]
* Tableau résumé des indicateurs de conjoncture [ID:nL07156653]
* Chronologie des changements de taux de la BCE depuis 1999 [ID:nL08213931]
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par George Georgiopoulos
ATHENES, 8 mai (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a souligné jeudi que le Conseil des gouverneurs avait voté à l'unanimité le maintien des taux d'intérêt, en mettant en avant la nécessité de lutter contre l'inflation alors que la croissance de la zone euro ralentit.
Le taux de refinancement reste à 4,0%, le taux de facilité de dépôt à 3,0% et le taux de prêt marginal à 5,0%. Ces taux n'ont plus bougé depuis le 6 juin 2007.
Lors d'une conférence de presse entamée par une déclaration sans grand changement par rapport au mois dernier, Trichet a expliqué que la politique actuelle de la BCE permettrait d'assurer la stabilité des prix mais il a reconnu que l'inflation devrait rester élevée pendant un certain temps.
Le taux d'inflation dans la zone euro est revenu à 3,3% en avril après avoir inscrit un record à 3,6% le mois précédent mais il reste nettement supérieur au plafond de 2% sous lequel la BCE entend le contenir. Et cette tendance pèse visiblement sur la consommation et la confiance.
Trichet a jugé que les fondamentaux de la croissance restaient sains mais il a souligné le double risque d'un ralentissement économique plus marqué et d'une accélération de l'inflation.
"Nous avons été unanimes pour décider de laisser les taux où ils sont", a-t-il dit lors de la conférence de presse. "Il n'y a eu absolument aucun appel à autre chose qu'à (cette) décision."
Ces dernières semaines, une partie des observateurs avaient déduit des déclarations de plusieurs dirigeants de la BCE l'existence de divergences au sein du Conseil sur la meilleure réponse à apporter au "dilemme" créé par la conjonction entre le ralentissement de la croissance et l'accélération de la hausse des prix.
UN RETOUR A LA "VIGILANCE" POSSIBLE
Interrogé sur la disparition du mot "vigilance" du vocabulaire usuel de la BCE, Trichet a souligné que ce terme pourrait réapparaître à tout moment.
"C'est une expression que nous pouvons certainement utiliser quand nous jugeons qu'il est temps de l'utiliser", a-t-il ajouté.
Les économistes interrogés par Reuters la semaine dernière avaient tous prédit une prolongation du statu quo ce jeudi. Mais la plupart d'entre eux anticipent deux baisses de taux d'un quart de point d'ici la fin de l'année.
Ils sont cependant de plus en plus nombreux à repousser la date attendue de la première de ces baisses: une courte majorité seulement la prévoit désormais en septembre.
Pour Jacques Cailloux, économiste de la Royal Bank of Scotland, "les taux sont considérés comme 'assez élevés' pour parvenir à la stabilité des prix à moyen terme, ce qui confirme que la BCE n'envisage pas la possibilité de relever les taux".
"Dans le même temps, il n'y a aucun indice allant dans le sens d'un biais baissier, comme nous l'avions anticipé, ce qui confirme que la BCE est en mode attentiste."
Trichet s'est refusé à tout commentaire sur les anticipations des marchés en matière de taux, se contentant de répéter que la politique actuelle était appropriée.
"L'ancrage solide des anticipations d'inflation à moyen terme reste la priorité absolue du Conseil des gouverneurs. Nous pensons que la politique monétaire actuelle va contribuer à atteindre cet objectif", a-t-il dit.
L'euro a regagné du terrain face au dollar après ses déclarations, repassant au-dessus de 1,54 dollar alors qu'il était tombé avant la décision de la BCE à son plus bas niveau depuis deux mois et demi, à $1,5287 <EUR=>.
Le président de la BCE s'est employé à souligner qu'aucune tolérance n'était de mise face à l'inflation et qu'il était trop tôt pour tirer des conclusions encourageantes de la décélération des prix en avril.
"Les indicateurs les plus récents et les enquêtes sur l'activité économique confirme les anticipations antérieures d'une croissance modérée mais poursuivie au premier semestre 2008", a-t-il ajouté. /WYE/MA
(avec Krista Hughes et Marc Jones à Francfort, version française Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand)
((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging : wilfrid.exbrayat.reuters.com@reuters.net))
FRANCFORT, 8 mai (Reuters) - Comme on s'y attendait, la Banque centrale européenne n'a pas modifié ses taux directeurs jeudi, l'inflation restant plus que jamais sa bête noire dans un contexte d'envolée des prix des matières premières et des produits alimentaires.
Le taux de refinancement reste à 4,0%, le taux de facilité de dépôt à 3,0% et le taux de prêt marginal à 5,0%. Ces taux n'ont plus bougé depuis le 6 juin 2007. Ils avaient alors tous les trois été relevés d'un quart de point.
Les économistes interrogés par Reuters la semaine passée continuent d'anticiper deux baisses de taux d'un quart de point chacune de la part de la BCE cette année, ralentissement de la croissance oblige.
Mais ils ont tendance à repousser de plus en plus le démarrage de cette détente monétaire. Juin apparaît comme une date de moins en moins probable pour la première baisse et même septembre n'est plus considéré comme acquis.
A 3,3% en avril, après le record de 3,6% en mars, l'inflation reste largement éloignée de l'objectif de 2% de la BCE et est "intolérable", de l'avis de Lorenzo Bini-Smaghi, membre du directoire de la banque centrale.
Certains responsables monétaires n'ont en outre pas hésité à laisser entendre que les taux pourraient au contraire être relevés. /WYE
(Wilfrid Exbrayat)
((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging : wilfrid.exbrayat.reuters.com@reuters.net))
par Jan Strupczewski
BRUXELLES, 7 mai (Reuters) - Les ventes au détail ont baissé de 0,4% dans la zone euro en mars et accusent en rythme annuel un recul de 1,6%, des chiffres inférieurs aux attentes susceptibles de nourrir les craintes d'un ralentissement marqué des Quinze.
Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une hausse de 0,2% des ventes sur un mois et un recul de 0,6% seulement en rythme annuel.
Les ventes ont baissé d'un mois sur l'autre dans la totalité des pays de la zone, précise Eurostat, qui publie ces statistiques mercredi. En rythme annuel, l'Autriche et la Finlande sont les seuls pays où les ventes sont en hausse en rythme annuel.
"Le ralentissement continu des ventes en mars s'ajoute aux inquiétudes croissantes quant aux prévisions de croissance dans la zone euro", commente Howard Archer, économiste à Global Insight.
"Ce deuxième mois de déclin consécutif des ventes au détail maintient les doutes quant à la capacité des consommateurs à soutenir de manière significative l'économie de la zone euro dans les mois à venir", poursuit-il.
En dépit de l'amélioration des marchés de l'emploi et des augmentations de salaires dans certains pays, en particulier en Allemagne, les consommateurs de la zone euro sont clairement réticents, voire incapables d'accroître leurs dépenses dans un contexte d'inflation et de resserrement des crédits, ajoute Archer.
L'INFLATION PÈSE SUR LA CONSOMMATION
La semaine dernière, la Commission européenne avait publié des statistiques montrant que la confiance des consommateurs avait atteint lors des quatre premiers mois de l'année 2008 son niveau le plus bas depuis novembre 2005 et que les ménages n'étaient pas enclins à se lancer des achats importants.
Les économistes mettent en avant la montée de l'inflation, nourrie notamment par l'envolée des prix des produits alimentaires et de l'énergie, pour expliquer la fragilité de la consommation dans la zone euro. L'inflation des Quinze a atteint en mars un record historique à 3,6%.
"La croissance robuste du marché de l'emploi et l'accélération des augmentations de salaires constituent des encouragements à la consommation, mais ils ont été contrebalancés par la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, qui ont entamé le pouvoir d'achat des ménages" estime Nick Kounis, économiste chez Fortis.
"Ces tendances devraient se poursuivre, au moins à court terme, la probabilité de nouvelles hausses des prix alimentaires et de l'énergie alimentant l'éventualité d'une nouvelle série de révisions à la baisse des prévisions de croissance et de hausses des prévisions de l'inflation", poursuit-il.
Le ralentissement annoncé de l'économie américaine, voire sa contraction, au premier semestre, ajouté à la vigueur de la monnaie unique qui gène les exportations, la demande intérieur est primordiale pour compenser le ralentissement de la croissance de la zone euro.
Cela illustre le dilemme auquel est confrontée la Banque centrale européenne qui s'efforce de ramener l'inflation en deçà de 2% alors que la croissance est au ralenti.
La BCE maintient son principal taux directeur à 4,0% depuis juin 2007 mais les économistes pensent qu'elle pourrait amorcer une baisse des taux dans le courant de l'année 2008 ou en 2009 afin de soutenir la croissance. /MA/NDE
Tableau de la statistique [ID:nBFA000636]
Les indicateurs de la zone euro en temps réel <ECONEZ>
Consensus des indicateurs de la zone euro <EUROLANDMAY>
(Jan Strupczewski, version française Marc Angrand et Nicolas Delame) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
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