FRANCFORT, 15 mai (Reuters) - Les prix de l'énergie et des denrées alimentaires maintiennent l'inflation à des niveaux élevés inconfortables dans la zone euro et les perspectives de croissance restent incertaines, notamment en raison de la volatilité des marchés financiers, estime la Banque centrale européenne dans son bulletin mensuel publié jeudi.
L'éditorial du bulletin de mai reprend globalement la déclaration préliminaire du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, lors de sa conférence de presse de jeudi dernier à Athènes, après l'annonce du maintien du principal taux directeur de la banque centrale de la zone euro à 4,0% pour le 11e mois d'affilée.
La banque centrale relève que la hausse des prix de détail en rythme annuel est restée supérieure à 3% aux cours des six derniers mois (selon l'indice harmonisé IPCH) et en conclut à la persistance "de vives tensions sur l'inflation à court terme".
A moyen terme, les risques pesant sur les perspectives d'inflation demeurent aussi "nettement orientés à la hausse", ajoute la BCE dans le document, en notant qu'ils recouvrent notamment "la possibilité de nouveaux renchérissements du pétrole et des produits alimentaires" ainsi que de la TVA.
Selon la première estimation d'Eurostat, également publiée jeudi, l'inflation annuelle est ressortie à 3,3% en avril dans la zone euro, en décélération cependant par rapport à mars, mois pour lequel l'indice affichait une hausse de 3,6%.
S'agissant de l'activité économique, "la demande, à la fois intérieure et extérieure, devrait continuer de soutenir la croissance du PIB en volume de la zone euro en 2008, dans une moindre mesure toutefois qu'en 2007", estime la BCE.
"L'incertitude entourant les perspectives de croissance reste élevée et les risques à la baisse persistent", réaffirme aussi l'institut d'émission. "En particulier, ces risques sont liés à la possibilité que les turbulences observées sur les marchés de capitaux exercent une incidence plus négative que prévu sur l'économie réelle".
Analystes et investisseurs tablent toujours sur une baisse des taux d'intérêt dans la zone euro au moins une fois cette année, la BCE devant maîtriser les pressions inflationnistes mais aussi veiller à soutenir la croissance. /DR
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par Gilles Guillaume
PARIS, 14 mai (Reuters) - La consommation chinoise est montrée du doigt pour expliquer en partie la flambée actuelle des prix alimentaires et les récentes émeutes de la faim, mais l'impact de la Chine sur les marchés mondiaux reste à ce jour limité, le pays s'efforçant d'être autosuffisant en céréales.
Premier producteur mondial de blé et de riz, numéro deux pour le maïs, la Chine importe et exporte peu de céréales. Si une variation de ses importations d'une année sur l'autre peut avoir un impact sur les cours, les échanges ne portent que sur quelques millions de tonnes, ce qui reste marginal par rapport au volume astronomique que représentent la récolte et les stocks chinois.
"Contrairement à la plupart des autres secteurs de l'économie, on ne peut pas dire pour les céréales que la demande et l'offre chinoise pèsent sur le marché", commente Kaabi Moncef, directeur de recherche chez Natixis. "Si le mode de vie des Chinois continue de changer, le pays aura besoin de s'approvisionner davantage à l'étranger mais pour l'heure, la Chine n'est pas vraiment importateur net." Le pays a été à ce titre en partie épargné par la flambée des cours, même si les prix sont, comme ailleurs, orientés à la hausse.
Un faisceau d'autres facteurs est à l'oeuvre sur les marchés mondiaux: des conditions météorologiques défavorables, l'essor des biocarburants qui ont capté une partie des surfaces cultivables, la demande des voisins asiatiques contraints, eux, d'importer massivement ou de suspendre leurs exportations pour reconstituer des stocks historiquement bas, et les investisseurs qui se sont rabattus sur les matières premières et jouent les cours à la hausse.
"La demande mondiale reste très soutenue, mais les fluctuations ne devraient pas être aussi fortes. Le secret réside dans les anticipations", poursuit Kaabi Moncef. "Et parmi elles vient se greffer l'idée que la Chine et l'Inde finiront par rejoindre les modes alimentaires occidentaux."
Le géant chinois pourrait alors prendre le relais des autres facteurs haussiers car, sur le long terme, l'indépendance alimentaire d'un pays abritant 20% de la population mondiale mais seulement 7% des terres cultivables de la planète semble impossible à assurer. Nie Zhenbang, directrice de l'administration d'État des céréales, a prévenu le mois dernier que l'équilibre était de plus en plus fragile: "Nous disposons maintenant d'une marge de manoeuvre réduite pour accroître les surfaces plantées en céréales, et améliorer les rendements devient de plus en plus ardu."
La Chine a réussi à faire progresser sa production au cours des années passées et s'est fixée pour 2008 un objectif d'environ 500 millions de tonnes. Mais l'écart entre l'offre et la demande du pays mincit: il devrait passer de 50 millions de tonnes en 2003 à seulement 15 millions cette année.
MOINS DE RIZ, PLUS DE VIANDE ET D'OEUFS
A court terme, la nouvelle récolte de blé s'annonce sous de bons auspices malgré la sécheresse qui a frappé les provinces du Shandong et du Hebei, deux importants greniers chinois. Mais l'équilibre structurel se tend et la Chine, comme les marchés mondiaux, ne sont pas à l'abri de nouvelles perturbations.
Pékin a déjà pris les devants en supprimant des subventions à l'exportation, en acceptant de débourser cette année trois fois le prix de 2007 pour ses importations de potasse (engrais) ou en intensifiant ses importations de soja, les terres cultivables devant théoriquement être réservées en priorité au blé, au maïs ou à l'orge.
Mais la campagne, elle, ne cesse de perdre du terrain, rançon d'une industrialisation et d'une urbanisation galopantes. Comme l'a calculé le mois dernier Frédéric Hervouet, spécialiste des dérivés matières premières chez BNP Paribas, le pays perd chaque année depuis huit ans 1% de ses terres agricoles, l'équivalent de la superficie des Pays-Bas et de la Belgique réunis.
Malgré la méfiance qu'un recours aux importations inspire aux dignitaires chinois, le Premier ministre Wen Jiabao lui-même a signalé au printemps une entorse au principe sacré de l'autosuffisance: "Nous avons besoin d'améliorer nos méthodes pour ajuster les réserves et (...) augmenter les importations pour les produits de grande consommation majeurs qui ne se se trouvent pas en quantité suffisante sur le marché intérieur."
La consommation de riz, céréale de base en Asie, a tendance à baisser en Chine mais d'autres besoins prennent la relève. Comme l'a relevé la FAO, la consommation de viande par habitant a plus que doublé depuis 1980 et le pays compte accroître sa production d'oeufs et de poulets pour répondre à l'évolution des habitudes alimentaires. Or il faut sept à huit kilogrammes de céréales - blé et maïs en tête - pour produire un kilo de viande.
Soucieux d'éviter les retombées sociales d'une flambée des prix des aliments - les dirigeants n'ont pas oublié qu'une valse de 25% des étiquettes en 1989 avait contribué au mécontentement qui avait culminé place Tienamen - le pouvoir dispose d'une autre carte, celle des OGM. Venue tardivement à ce type d'agriculture, la Chine caresse actuellement le projet de cultiver à grande échelle un riz génétiquement modifié, une première mondiale. /GG
Tableau des principaux indicateurs de l'économie chinoise [ID:nL24920582]
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BUENOS AIRES, 25 avril (Reuters) - Le ministre argentin de l'Economie, Martin Lousteau, a démissionné, a-t-on appris jeudi soir de source gouvernementale.
"Il a remis sa démission", a dit cette source, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
Son départ était attendu alors que le gouvernement a dû affronter pendant trois semaines une grève lancée par les organisations agricoles contre une augmentation des taxes sur les exportations de soja dont il est à l'origine.
Le mouvement de grève a été suspendu pour 30 jours afin de laisser du temps à des négociations avec l'Etat.
La présidente Cristina Fernandez de Kirchner a désigné l'actuel directeur de l'agence de recouvrement des impôts, Carlos Fernandez, pour succéder à Lousteau, dit-on de source gouvernementale.
Lousteau, qui avait pris ses fonctions en décembre dernier au sein du gouvernement de Cristina Fernandez, n'a guère participé aux négociations avec les représentants des agriculteurs, conduites par le directeur de cabinet Alberto Fernandez et le ministre du Commerce intérieur, Guillermo Moreno.
D'après des médias argentins, Lousteau était en conflit avec Moreno sur la réforme en cours de l'indice des prix à la consommation, censé rétablir la crédibilité de l'INDEC, l'office national des statistiques.
De nombreux analystes, ainsi que l'opposition, affirment que l'indice des prix calculé de l'INDEC sous-estime l'inflation réelle. /HPA (Karina Grazina, version française Henri-Pierre André) ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 34. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : henri-pierre.andre.reuters.com@reuters.net))
BUENOS AIRES, 25 avril (Reuters) - Le ministre argentin de l'Economie, Martin Lousteau, a démissionné, a-t-on appris jeudi soir de source gouvernementale.
Son départ était attendu alors que le gouvernement a dû affronter pendant trois semaines une grève lancée par les organisations agricoles contre une augmentation des taxes sur les exportations de soja dont il est à l'origine.
Le mouvement de grève a été suspendu pour 30 jours afin de laisser du temps à des négociations avec l'Etat.
La présidente Cristina Fernandez de Kirchner a désigné l'actuel directeur de l'agence de recouvrement des impôts, Carlos Fernandez, pour succéder à Lousteau, dit-on de source gouvernementale. /HPA (Karina Grazina, version française Henri-Pierre André) ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 34. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : henri-pierre.andre.reuters.com@reuters.net))