LONDRES, 2 juin (Reuters) - La demande mondiale en pétrole diminue plus rapidement qu'on le prévoyait initialement en raison de la faiblesse de la consommation observée dans certains grands pays consommateurs, a déclaré lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
L'Agence pourrait donc réviser de nouveau en baisse sa prévision de la croissance de la demande mondiale, a prévenu Nobuo Tanaka.
Il a également reconnu qu'une projection de l'ordre de 100 millions de barils par jour pour l'approvisionnement en pétrole en 2030 était "plus raisonnable" que l'estimation plus élevée avancée jusqu'ici par l'AIE, et dont certains responsables du secteur pétroliers ont estimé qu'elle risquait de ne pas se concrétiser.
"Nous disons que nous pourrions observer un ralentissement supplémentaire de la demande dans le rapport de juin", a-t-il dit. "Nous pensons que la demande est bel et bien en train de ralentir, en particulier dans les pays de l'OCDE." Ces propos viennent étayer l'hypothèse selon laquelle la flambée des cours du brut, qui ont atteint de nouveaux records historiques fin mai, ralentit la consommation de produits pétroliers à travers les pays industrialisés.
L'AIE vise désormais une hausse de 1,03 million de barils par jour de la demande pétrolière mondiale en 2008. En juillet dernier, elle tablait sur une hausse plus de deux fois supérieure, avec une estimation à 2,2 millions de bpj.
Le prochain rapport de l'AIE sur le marché pétrolier est programmé pour le 10 juin.
Le président de l'Opep Chakib Khelil a déclaré pour sa part s'attendre à ce que la demande pétrolière mondiale baisse cette année à cause des risques de récession et de la croissance des énergies vertes alternatives.
Selon des propos rapportés lundi par le mensuel marocain Economie et Entreprises, il a également imputé les prix actuellement élevés du baril aux tensions géopolitiques, à la spéculation et à la baisse du dollar. /GG (Alex Lawler, version française Gilles Guillaume)
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par Marc Jones
FRANCFORT, 22 mai (Reuters) - La nouvelle poussée des cours du pétrole rend peu probable une décélération franche de l'inflation dans la zone euro cette année, ce qui remet en cause les espoirs de baisse de taux avant Noël.
Le prix du baril de brut <LCOc1><CLc1> a franchi jeudi le cap des 135 dollars, dopé par la hausse de la demande, les inquiétudes sur l'offre, les tensions dans le monde et des achats spéculatifs.
Si la flambée des cours du pétrole fait le bonheur des pays producteurs, elle inquiète les banques centrales qui voient se développer un effet domino sur les biens de consommation.
Le renchérissement de l'énergie fait monter les prix alimentaires à cause de la hausse des coûts d'exploitation - pour le carburant des engins agricoles - et des transports. Pour la même raison, les industriels, compagnies aériennes et autres voyagistes voient leurs coûts augmenter et le répercutent sur leurs tarifs.
La Bundesbank a souligné la difficulté dans son rapport mensuel sorti cette semaine. En dépit des efforts pour faire baisser les prix alimentaires, l'inflation "devrait continuer d'augmenter sensiblement dans les prochains mois en raison des prix élevés du pétrole" et, en tout état de cause, ne décélèrerait pas "avant la fin de l'automne".
MARGE DE MANOEUVRE
Le taux d'inflation a atteint 3,6% en mars dans la zone euro, un record.
La BCE a retenu pour hypothèses un prix moyen du baril à 90,6 dollars en 2008 et à un peu plus de 89 en 2009, mais peu d'analystes s'attendent à voir les prix revenir rapidement sous les 100 dollars.
Or les coûts de l'énergie représentent environ 10% du calcul de l'inflation, si bien que chaque hausse d'un dollar du baril a un impact direct. "Nous estimons qu'une hausse de 10 dollars du baril ajoute 0,15%-0,16% au chiffre de l'inflation", dit ainsi Aurelio Maccario, analyste chez UniCredit.
"Si on a un prix moyen du pétrole à 130 ou 140 dollars (au deuxième semestre), l'inflation restera à 3% ou plus jusqu'à la fin de l'année. Et dans ce cas la BCE n'aura pas de marge de manoeuvre pour réduire ses taux d'intérêt".
La BCE maintient son taux directeur à 4% depuis juin 2007, alors que la Réserve fédérale américaine a réduit le sien à 2%. Les économistes interrogés par Reuters continuent de tabler sur une baisse de taux dans la zone euro avant la fin de l'année mais les futures sur taux d'intérêt n'intègrent plus ce scénario.
Richard Batty, chez Standard Life Investments, rappelle que les prévisions sont très contradictoires pour les cours du brut et souligne les risques d'un immobilisme de la banque centrale si l'activité venait à ralentir sérieusement.
"L'économie ralentit déjà et une inaction de la banque centrale pourrait intensifier ce ralentissement, ce qui entraînerait de graves risques pour l'activité", dit-il.
"Le fait est que les estimations varient considérablement. Les estimations sur le marché vont de 70-80 dollars à 200 dollars à un horizon de six mois, et jusqu'à 500 dollars d'ici quatre ans, alors vraiment on peut dire ce qu'on veut", note-t-il. /VT (version française Véronique Tison) ((Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 37. paris.newsroom@reuters.com. Reuters Messaging : veronique.tison.reuters.com@reuters.net))
BRUXELLES, 22 mai (Reuters) - La hausse plus forte qu'attendu des prix pétroliers pourrait faire tomber la croissance économique de la zone euro cette année sous le chiffre de 1,7% prévu par la Commission européenne, mais il est encore trop tot pour modifier cette prévision, a déclaré jeudi une porte-parole de l'exécutif communautaire.
Les dernières prévisions de Bruxelles, publiées le 28 avril sont fondées sur l'hypothèse d'un cours moyen du pétrole de 101,20 dollars le baril. Or le brut a franchi depuis le seuil de 135 dollars.
"A l'évidence, si la prévision devait être démentie par le chiffre réel, que nous ne connaîtrons qu'à la fin de cette année, il est assez clair que la croissance sera plus faible", a dit Amelia Torres, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia.
(Paul Taylor, version française Marc Angrand) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
par Alister Bull
WASHINGTON, 22 mai (Reuters) - La Réserve fédérale des Etats-Unis a décidé de sortir de son traditionnel mutisme sur le dollar pour faire part de son inquiétude sur les méfaits d'une devise en chute libre, au vu du compte rendu de sa dernière réunion publié mercredi et de diverses déclarations de ses responsables.
La banque centrale américaine n'est toutefois pas étrangère au recul du billet vert. Sa politique de baisse du loyer de l'argent enclenchée en septembre pour soutenir l'activité, alors que dans la zone euro, les taux d'intérêt restaient stables, a contribué à soutenir l'euro qui a dépassé fin avril la barre de 1,60 dollar.
Le résumé des débats publié mercredi révèle le malaise des gouverneurs de la banque centrale américaine quant à l'impact d'un dollar faible sur l'inflation importée.
"De nombreux participants, nettement plus qu'en janvier, ont considéré les risques de hausse de l'inflation plus importants que les risques de baisse. En particulier, la répercussion des récentes augmentations des prix de l'énergie et des matières premières ainsi que de la dépréciation du dollar sur les prix à la consommation pourrait être plus forte que prévu", lit-on dans le compte rendu de la réunion des 29 et 30 avril de la Fed.
En outre, le président de la banque de Réserve fédérale de Dallas Richard Fisher, qui lui s'est opposé à la nouvelle réduction de taux d'intérêt prise à l'issue de cette réunion, a mis en garde sur l'effet de l'affaiblissement de la devise américaine sur les prix des matières premières.
"Fisher s'est inquiété d'un effet pervers de la baisse des taux d'intérêt faisant baisser le dollar, contribuant à la hausse des prix des matières premières et des importations, à une réduction des dépenses des entreprises et des ménages et de ce fait finissant pas affecter l'activité économique", lit-on dans le compte rendu.
MAUVAISE PASSE
Cette mise au point fait suite à divers propos de responsables de la Fed sur le dollar et notamment à ceux du vice-président de la banque centrale, Donald Kohn, qui n'a pas hésité à marcher sur les plates-bandes du Trésor, seul habilité en principe de façon tacite à s'exprimer sur la question des devises.
Ses propos tenus mardi avant la publication du compte rendu de la Fed ont d'abord semblé anodins. Le vice-président a fait simplement remarquer qu'un dollar déprécié favorisait les exportations et était un facteur d'inflation importée.
Sauf que les responsables de politique monétaire de la stature de Donald Kohn ne font pas allusion au dollar sans le faire exprès. Son discours avait été étudié de près. De plus, ce n'était pas un incident isolé.
Peu avant la publication du compte rendu des débats de la Fed mercredi, un des gouverneurs de la Fed, Kevin Warsh, a estimé que les banquiers centraux ne pouvaient ignorer la mauvaise passe dans laquelle se trouvait le dollar.
"Aucune banque centrale ne peut être indifférente à la valeur de sa devise", a déclaré Kevin Warsh en réponse à une question après un discours qu'il venait de tenir à Washington sur les taux d'intérêt.
"La valeur du dollar sur les marchés des changes est incrustée dans pratiquement chaque information que nous voyons. Elle l'est dans les questions sur l'inflation quand nous regardons les prix importés (...) Nous passons beaucoup de temps à réfléchir aux conséquences."
Pour l'heure, force est de constater que, malgré les inquiétudes du G7 sur la volatilité des taux de changes et la grogne des pays européens qui estiment leurs exportations fragilisées par l'envolée de l'euro, le Trésor américain fait la sourde oreille.
Le secrétaire au Trésor Henry Paulson se contente de répéter à l'envi qu'un dollar fort est dans l'intérêt des Etats-Unis et qu'à terme, la force de l'économie américaine finira par se refléter dans sa devise.
Samedi, le président de la Fed d'Atlanta Dennis Lockhart a exprimé un certain soulagement face à la légère remontée du dollar.
"Ces dernières semaines nous avons constaté un rebond du dollar et je pense que c'est bienvenu", a-t-il déclaré.
Las, jeudi matin, l'euro était remonté au-dessus de 1,58 dollar, son plus haut niveau depuis un mois. /DRO
(version française Danielle Rouquié)
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NEW YORK, 21 mai (Reuters) - Les cours du pétrole ont inscrit de nouveaux records historiques mercredi, amplifiant leur progression après l'annonce d'une baisse inattendue et marquée des stocks de brut aux Etats-Unis.
Le contrat juillet sur le brut léger américain est monté à 132,08 dollars le baril <CLc1> et se traitait à 131,45 dollars à 15h18 GMT, en hausse de 2,47 dollars, soit 1,92%.
Au même moment, le Brent gagnait 3,04 dollars, soit 2,38%, à 130,88 dollars <LCOc1> après un record à 131,57.
Les stocks de brut américains ont reculé de 5,4 millions de barils la semaine dernière à 320,4 millions, montrent les chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), alors que les économistes attendaient en moyenne une augmentation de 600.000 barils [EIA/ S].
Les stocks d'essence ont parallèlement diminué de 800.000 barils alors que le marché anticipait une hausse de 700.000 barils.
Les réserves de produits distillés, qui incluent le fioul domestique, ont augmenté de 700.000 barils; les analystes prévoyaient une hausse de 1,3 million de barils.
Ces chiffres traduisent notamment une baisse des importations et une augmentation de la demande des raffineurs américains.
"Ce rapport fournit au marché toutes les raisons de s'envoler", a commenté Rob Kurzatkowski, analuste d'optionsXpress à Chicago.
L'envolée du marché pétrolier est aussi favorisée par un nouvel accès de faiblesse du dollar, tombé à son plus bas niveau depuis un mois face à l'euro. /MA
(Marc Angrand) ((Service Economique. Tel 01 49 49 53 87. Reuters Messaging: marc.angrand.reuters.com@reuters.net))
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